Paysages de Mégalithes de Carnac et du Sud Morbihan

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10 novembre 2014

11 novembre : un poème d'Apollinaire où il est question de Gavrinis

En ce jour de commémorations de l'armistice de 1918, voici un poème d'Apollinaire à Madeleine Pagès, où il est question des "monumentales pierres de Gavrinis". 

Merci à Florence André et Aurélie Giard-Dessauvages de l'avoir trouvé. 

Cote 146 (in Poèmes à Madeleine)

Plaines Désolation enfer des mouches Fusées le vert le blanc le rouge
Salves de 50 bombes dans les tranchées comme quand à quatre on fait claquer pour en faire sortir la poussière un grand tapis
Trous semblables à des cathédrales gothiques
Rumeur des mouches violentes
Lettres enfermées dans une boîte de cigares venue d’Oran
La corvée d’eau revient avec ses fûts
Et les blessés reviennent seuls par l’innombrable boyau aride
Embranchement du Decauvile
Là-bas on joue à cache-cache
Nous jouons à colin-maillard
Beaux rêves
Madeleine ce qui n’est pas à l’amour est autant de perdu
Vos photos sur mon coeur
Et les mouches métalliques petits astres d’abord
A cheval à cheval à cheval à cheval [1]
O plaine partout des trous où végètent des hommes
O plaine où vont les boyaux comme les traces sur le bout des doigts aux monumentales pierres de Gavrinis
Madeleine votre nom comme une rose incertaine rose des vents ou du rosier
Les conducteurs s’en vont à l’abreuvoir à 7 km d’ici
Perthes Hurlus Beauséjour noms pâles et toi Ville sur Tourbe
Cimetières de soldats croix où le képi pleure
L’ombre est de chairs putréfiées les arbres si rares sont des morts restés debout
Ouïs pleurer l’obus qui passe sur ta tête