Paysages de Mégalithes de Carnac et du Sud Morbihan

Actualités

06 février 2014

Rencontre avec Marie-Laure Dejan - Le Lem : « Un patrimoine bel et bien vivant ».

A son arrivée en Morbihan, il y a 16 ans, Marie-Laure Dejean-Le Lem, aujourd’hui adjointe à la mairie du Bono et membre du bureau de l’association Paysages de Mégalithes, s’est formée au métier de guide sur les sites mégalithiques.

C’est avec un regard neuf qu’elle s’est passionnée pour ces monuments et l’histoire néolithique. Pendant, plus de cinq ans, elle a arpenté le site du cairn de Gavrinis, auquel elle est profondément attachée, pour le faire découvrir et partager ses connaissances avec le public.

« J’ai tout de suite été touchée et séduite par le lien qui nous unit aux pierres mégalithiques. Les Bonovistes affichent un respect du tumulus de Kernours et entretiennent un lien affectif avec ce lieu. Chaque génération dispose de souvenirs forts avec le site, le monument, et cette composante singulière du paysage local en tant qu’espace de promenade, de rencontre, de jeu, de retrouvailles.  

Pourtant, les habitants ne disposent souvent que de peu de connaissances archéologiques sur l’histoire même des sites. Le Néolithique soulève encore beaucoup de mystères et de méconnaissance. C’est un pan entier de l’Histoire, que les Morbihannais connaissent peu alors qu’il est au fondement même de la mémoire locale.

A l’occasion de la mise au jour de fouilles menées par l’INRAP (l’institut national de recherche en archéologie préventive) au printemps 2013, dans le cadre de la construction de la ZAC de la commune, des ateliers ont été proposés aux scolaires du Bono pour leur faire partager les résultats de ces recherches. « Les enfants étaient fascinés de savoir que des gens, il y plus de 7000 ans vivaient à cet endroit, en ayant certainement déjà conscience de laisser une trace d’eux-mêmes et de leur passage », souligne Marie-Laure Dejean-Le Lem. Des foyers de pierre sèche ont été découverts, l’un d’entre eux est depuis restauré, ainsi qu’une magnifique urne funéraire. Les enfants sont ensuite revenus en famille, le temps d’un week-end en juillet 2013, s’enrichir des connaissances livrées à l’occasion de cet évènement. « Je me rappelle des commentaires des anciens étonnés par tant de découvertes, « alors même que depuis que nous sommes petits, on nous raconte que les druides ont érigés de tels monuments », précise-t-elle. « Il m’apparaît primordial d’apprendre ou de réapprendre aux Morbihannais à connaitre leur patrimoine, leur territoire, et à se l’approprier ». 

C’est pourquoi, le projet porté par l’association Paysages de mégalithes à l’échelle du Morbihan Sud lui tient tant à cœur. « Il convient aujourd’hui de leur donner les clefs de leur compréhension. Les mégalithes ne sont pas seulement « magiques ». Ce patrimoine est bel et bien vivant, il faut lui redonner place dans notre quotidien, pour en conserver la mémoire. Sinon, ce serait comme la page d’un livre d’histoire(s) que l’on aurait déchirée ». Si le public est facilement en admiration devant les cathédrales ou les pyramides, Marie-Laure Dejean-Le Lem rappelle que les sites mégalithiques ont été érigés bien avant ces prestigieux monuments. Et « ils se tiennent chez nous tout simplement ! » Il convient de se rappeler des mots du professeur Yves Coppens, pour lequel ce qui est intéressant sur les sites mégalithiques, c’est « notre interprétation », à tous. A chacun donc, de venir les découvrir !