Paysages de Mégalithes de Carnac et du Sud Morbihan

Comprendre

Lexique

Menhirs, cromlechs, dolmen, tumulus, tertre, cairn, alignements, etc. Chaque terme du mégalithisme réfère à une démarche scientifique vouée à une connaissance précise et rigoureuse. Tous renvoient à un style architectural, expriment un usage, un sens ou une fonction. Les recherches convergent aujourd’hui pour reconnaître la fonction funéraire du tumulus et du dolmen, et la fonction cultuelle et symbolique des ouvrages de pierres dressées (menhir, alignements, enceintes...).

Mégalithe

[du grec mega = grand et lithos = pierre], le terme mégalithe qualifie des constructions de grandes pierres, de blocs massifs (menhirs, dolmens, cromlec’h, etc.). Ces constructions se sont développées à travers le monde (Europe de l’ouest, Asie, Afrique, Amérique du sud, Pacifique), à différents moments de l’Histoire (entre -6 500 avant JC  et la fin du premier millénaire de notre ère). La singularité de cette forme architecturale dans l’ouest de la France, et particulièrement en Morbihan, est d’être l’une des plus anciennes au monde, apparue durant la période néolithique (soit vers -5 500 avant JC), bien avant les pyramides d’Egypte et les premiers Celtes. 

Menhir

[du breton men (ou maen) = pierre et hir = long. Il peut également être appelé peulvan ou peulven = pilier de pierre], le menhir est un terme populaire, qui s’est imposé au XVIIIe siècle, désignant une "pierre longue", taillée ou brute, de petite ou de grande taille, disposée verticalement. On parle également de "monolithe".

Les menhirs peuvent être disposés isolément ou en groupes. Erigés en une ou plusieurs files, ils forment alors un "alignement", qui peut s’étendre sur plusieurs kilomètres.

[Illustration : Les alignements du Ménec, Kermario, Kerlescan sur la commune de Carnac et du Petit Ménec de la Trinité-Sur-Mer, forment le sanctuaire le plus impressionnant de l’époque, couvrant 5 kilomètres d’ouest en est et comptant encore aujourd’hui plus de 3000 pierres rangées par ordre décroissant et dans un sens determiné]

Les alignements de Kerzhéro (commune d’Erdeven)].

Dolmen

[du breton toal = table, an doal = une table et men (ou maen) = pierre] : monument funéraire composé de pierres verticales (orthostats) sur lesquelles reposent des dalles horizontales (tables). Le dolmen, tel qu’il se présente aujourd’hui constitue le vestige, le squelette d'une structure funéraire plus conséquente.  Il était originellement recouvert d’un tumulus, érodé au fil du temps par l’action de la nature et de l’homme.

Il existe une grande variété de dolmens en Morbihan : les sépultures ne disposant pas de couloir seraient les plus anciennes. Elles ne disposeraient pas également d’accès à la chambre, scellée lors du dépôt du défunt. Progressivement, apparaissent des couloirs d’accès autorisant une réouverture de la tombe. Il est ainsi possible d’émettre l’hypothèse que les premières étaient exclusivement destinées à des élites. Les tombes à couloir  sont généralement à usage collectif et peuvent comporter plusieurs chambres. On appelle allée couverte (ou « allée sépulcrale »), tout monument dont la chambre sépulcrale n’est plus distinguée du couloir/chambre et couloir ne forment qu’un seul et même élément. 

Enceintes mégalithiques

les enceintes mégalithiques font référence à des pierres dressées disposées selon des étendues et des formes variées : principalement en cercle (le cromlech), en hémicycle (demi-cercle), en quadrilatère ou en fer à cheval.

[Illustrations :  

  • L’enceinte de Kergonan (commune de l’île aux Moines)
  • Er Lannic (commune d’Arzon) est un cromlech situé face à l’île de Gravrinis à Larmor-Baden, cette enceinte en forme de fer à cheval se révèle au gré des marées
  • Enceinte quadrangulaire de Crucuno à Plouharnel

Cromlech

[terme anglais emprunté au vieux gallois : crom = courbe, plié, tordu et lech = pierre plate] : le cromlech (parfois écrit cromlec’h) est un terme souvent employé dans le langage courant pour évoquer  les enceintes circulaires de pierres dressées. Les scientifiques estiment parfois ce terme impropre, faisant couramment référence à des cercles, mais aussi à des quadrilatères, des ovales ou des hémicycles. 

[L’alignement du Ménec à Carnac se termine, à chacune de ses extrémités par un cromlech]

Tumulus

(pl. tumuli ou tumulus) : [mot latin de tumere = être gonflé, enflé ; élévation, éminence], le tumulus est un amoncellement, une enveloppe recouvrant une ou plusieurs sépultures, de forme généralement arrondie ou ovalaire. On parle de « tertre » quand cette enveloppe est composée de terre exclusivement et de « cairn », lorsqu’il s’agit de pierres.

 [La taille des tumulus est variable. On trouve en Morbihan des tumulus de type « carnacéen », autrement appelés « tumulus géants » du fait de leur taille imposante, que l’on retrouve dans la région de Carnac, comme le Tumulus Saint-Michel à Carnac : il mesure 120m de long, 60m de large et 12m de haut. Celui du Mané-er-Hroëk à Locmariaquer s’élève également à 10m de haut, 100m de long et 60m de large]

Tertre

[du latin termes = borne, limite ou monticule] monticule de terre recouvrant généralement une sépulture.

[Des tertres protègent les tumulus de Saint-Michel et du Moustoir à Carnac, ceux du Mané-er-Hroeck et du Mané-Lud à Locmariaquer ou de Tumiac à Arzon].

Cairn

[issu du gaëlique carn = tas de pierre] monument bâti de pierre sèche abritant une sépulture.

Stèle

[du latin stela] monolithe dont une ou plusieurs faces est gravée de symboles.